C’est en tout cas la conclusion d’une journée d’études organisée par l’Institut Belge pour la Sécurité Routière (IBSR) le 15 mai dernier à Bruxelles. Au cours de cette journée on a pu entendre plusieurs villes européennes relater leur expérience, positive, de diminution des vitesses en agglomération.

Le concept de “Villes et Villages 30″, porté depuis 2011 en Belgique par une plateforme à l’initiative du GRACQ, n’est pas toujours bien compris du grand public (voire même des décideurs). Or il est simple : faire du 30 km/h la norme en agglomération et du 50 km/h l’exception (sur les axes de transit, par exemple). Pas question donc de ralentir partout, mais de lever le pied là où on vit.

Journée d'étude de l'IBSR

Les exemples européens

Ce concept n’est pas nouveau pour autant. C’est en effet en 1992 à Graz, en Autriche, qu’une grande ville est passée à 30 km/h sur tout son territoire (hors boulevards). Vingt ans après ils sont venus témoigner du bien fondé de cette décision. Les accidents ont fortement diminué, le bruit aussi. La part des modes de transport actifs (marche/vélo) a progressé. Bref, la majorité des habitants sont désormais satisfaits et plus personne ne songe un instant à revenir en arrière.

D’autres villes européennes ont suivi et font le même constat : Zurich, Berne, Lorient, Portsmouth… Et en Hollande, c’est carrément la norme en milieu urbanisé : toute rue résidentielle est d’office limitée à 30 km/h. Ce qui fait des Pays-Bas le premier pays en Europe à appliquer la recommandation européenne en la matière.

En Belgique : le Pentagone bruxellois

En Belgique, on a pu écouter l’échevin bruxellois de la mobilité, Christian Ceux, parler de l’expérience dans le Pentagone. Même si elle est perfectible, on ne fera pas marche arrière. Ne fut-ce que par respect pour les non-motorisés qui sont majoritaires dans cette zone et dont la sécurité ne peut plus être bradée.

Quelques critiques ont fusé sur le non respect, ou la difficulté à faire respecter le 30 km/h sans aménagements lourds (et aussi coûteux). Les expériences en cours montrent néanmoins que, même si la vitesse moyenne observée maintenant dans ces espaces est en réalité de 35 km/h (ou parfois de 45 km/h quand rien n’a été réaménagé), les vitesses observées auparavant étaient largement supérieures à 50 km/h.

L’IBSR en a donc profité pour rappeler que toute diminution de la vitesse, même faible, est déjà un gain précieux pour la sécurité routière. L’institut a conclu : "La modération de la vitesse est une des premières mesures à prendre pour réduire l’insécurité objective et subjective dans nos agglomérations. Dans ce contexte, la mise en zone 30 des centres urbains est devenue d’autant plus inéluctable qu’elle a également des effets collatéraux bénéfiques sur le cadre de vie de nos villes. De nombreuses autorités communales l’ont déjà compris et d’autres leur emboîteront certainement le pas dans les années à venir…"

Luc Goffinet

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