La nouvelle stratégie train/vélo de la SNCB est attendue depuis des années par les associations cyclistes du pays. Elle annonce un renforcement de la capacité du stationnement en gare et du nombre de places vélos dans les trains, spécialement sur les "destinations touristiques". Du côté de la sécurisation du parking par contre, aucun progrès significatif n'est annoncé pour les petites gares.

Cette nouvelle stratégie train/vélo met en avant les points forts suivants :

  • Davantage de parkings vélo, notamment sécurisés
  • Davantage de place pour les vélos dans les trains
  • Plus de capacité vers les destinations touristiques fréquentées
  • Une meilleure information pour le voyageur
  • Une signalétique claire

Embarquer son vélo plus facilement

Il y a quelques années encore la SNCB accordait peu d'attention à la place vélo dans les trains. Le "vieux matériel roulant" était souvent invoqué pour ne pas offrir un meilleur service. Or les ventes de billets vélo (4 €) ont doublé au cours des 10 dernières années, pour atteindre 251.000 trajets en 2019. L'afflux des voyageurs à vélo l'été dernier, suite à la gratuité temporaire, a achevé de doper les chiffres.

Vélo dans train

Pour faire mieux, la SNCB compte sur la mise en service des nouvelles voitures double étage M7, grâce auxquelles le nombre total de places vélos dans sa flotte devrait augmenter de 50% et passer à 6.700 d'ici 2025 (contre 4.450 aujourd'hui). Près de la moitié seront accessibles sans intervention de l’accompagnateur et avec une faible hauteur d’embarquement.

La SNCB compte aussi adapter à court terme le nombre de places vélos vers la Côte et l’Ardenne : les IC Eupen-Ostende et Bruxelles-Luxembourg disposeront de voitures spécialement modifiées, qui offriront chacune un espace pour accueillir 8 vélos supplémentaires.

On peut donc se réjouir de tout ceci, en espérant que les trains qui ne disposent que de deux places vélo par convoi puissent aussi être adaptés sur des lignes moins "touristiques". Au niveau du coût également, un tarif vélo proportionnel à la distance serait une bonne chose. Il n'est pas encore prévu pour l'instant, malgré nos demandes répétées.

Pour aider les voyageurs à connaître à l'avance la capacité et la facilité d'embarquer son vélo dans un train, la SNCB va aussi lancer cet été une application web vélo dédiée (qui sera à terme intégrée au planificateur de voyage existant) et installer une signalétique claire sur les voitures concernées. Un progrès réel pour planifier son trajet.

Stationner son vélo (sans se le faire voler)

La SNCB relève elle-même "une demande à la hausse non seulement pour des parkings vélos plus nombreux et plus faciles d’accès, mais aussi couverts et disposant d’un système de contrôle d'accès". Une bonne nouvelle donc. Elle propose à court terme de fournir à ce sujet des informations plus complètes sur son site web. En y indiquant, par exemple, la présence de parkings vélos équipés d’un contrôle d’accès, ainsi que d'autres informations concernant l'accessibilité et les services vélo en gare.

Au niveau du nombre total de places disponibles, il augmentera au cours des prochaines années, pour atteindre 150.000 emplacements (contre 108.000 aujourd'hui). Une mesure ô combien nécessaire dès lors qu'un navetteur sur cinq arrive déjà aujourd'hui à la gare à vélo.

Toutefois cette croissance reste pénalisée par le risque de vol, réellement dissuasif quand il s'agit de laisser un vélo de valeur à un arrêt du train. Il est donc essentiel que la SNCB sécurise ses parkings pour attirer plus de monde. De ce côté la stratégie pour y arriver n'est pas encore finalisée à ce stade.

Plus de partage de vélos ?

Pour le "last mile" ou le tourisme à vélo, la SNCB mise sur davantage de vélos partagés en gare d'arrivée. Toutefois, son ex-filiale Blue Bike (aujourd'hui propriété de De Lijn) ne propose que 3 points de location en Wallonie (Mons, Namur, Liège). Contre plus de 50 en Flandre...

On n'y est donc clairement pas encore pour l'ensemble du pays. Pour améliorer ceci des partenariats avec le privé sont envisagés, comme les points vélos. Mais cela reste moins flexible, et plus coûteux, qu'un vélo partagé à 3,15 € la journée.

Une stratégie durable pour l'avenir ?

La stratégie vélo de la SNCB est globalement positive. Mais il reste encore bien des choses à travailler, comme l'accessibilité des quais (escaliers sans goulottes, ascenseurs trop étroits), la sécurisation du parking partout (et pas seulement dans les grandes gares), un billet vélo proportionnel et attractif, des vélos à disposition à l'arrivée, etc.

Heureusement, rien n'est figé totalement. La SNCB annonce elle-même qu'elle "continuera à adapter sa stratégie vélos dans les années à venir pour répondre aux attentes de ses clients, en concertation avec les associations cyclistes". On s'en réjouit bien sûr et nous continuerons nos interpellations en ce sens pour une meilleure intermodalité train/vélo, la combinaison gagnante du XXI siècle !

Luc Goffinet

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