Le GRACQ déplore que de nombreuses gares ferroviaires ne soient toujours pas accessibles aux voyageurs avec un vélo : sans ascenseur, sans escalator ni rampe ou goulotte vélo d'aucune sorte, il est très difficile aux cyclistes de rejoindre les quais. La situation devrait bientôt évoluer.

Dans les stations déjà pourvues de goulottes vélos, la situation est certes plus simple, mais pas nécessairement idéale : les modèles ne répondent pas toujours adéquatement aux besoins des cyclistes (trop glissantes, pas suffisamment écartées du mur, rail inadapté…), et leur installation se fait parfois au détriment de l'accessibilité des personnes moins valides.

Nouveau modèle à la SNCB ?

La SNCB propose donc actuellement de tester un nouveau type de rampe vélo (modèle métallique anti-dérapant de 30 cm de large, accolé au mur) en gare de Bruxelles-Chapelle. Ce modèle devra s'adapter à l'ensemble des escaliers existants, tout en conciliant les besoins des différents usagers en termes d'accessibilité et de sécurité. Suite à une visite de terrain, les premiers retours s'avèrent globalement positifs du côté des cyclistes. Le GRACQ espère qu'un accord interviendra rapidement entre les différents acteurs, afin de pouvoir reprendre au plus tôt l'équipement des stations, actuellement mis en pause.

Rampe vélo en test à Bruxelles Chapelle
À gauche, un modèle inadapté de goulotte vélo représentant un danger pour les usagers, et supprimant l'accès à la main courante. À droite, le modèle de rampe en test à la gare de Bruxelles-Chapelle.

Un rapide tour d'horizon des modèles existants à l'étranger démontre très vite qu'il n'existe, là-bas comme ici, aucune unité en la matière. Les solutions sont variables lorsqu'il s'agit de pallier l'absence de prise en compte des cyclistes lors de la conception des infrastructures… avec, au final, des résultats plus ou moins heureux.


Photo de gauche (gare de Nantes) : bon exemple. Photo de droite (gare d'Orchies) : rampe utilisable pour les vélos mais aussi pour les valises à roulettes, avec portillon de sécurité en haut de l'escalier. La largeur et l'emplacement du dispositif ne permet malheureusement pas aux voyageurs d'accéder à la main courante.

Une dimension à intégrer dès la conception

Intégrer correctement la dimension "vélo" directement lors de la conception des projets permet d'obtenir de meilleurs résultats et s'avère généralement moins coûteux que des interventions ultérieures.

De récents (contre-)exemples chez nous démontrent toutefois que le principe est loin d'être intégré ! À Bruxelles-Nord, les goulottes vélos des nouveaux escaliers essuient les critiques de la clientèle à vélo : accolées à la main courante, elles se révèlent bien plus compliquées à utiliser que les anciennes installations.

À Mouscron, la suppression d'un passage à niveau (pour des raisons de sécurité routière) s'est accompagnée de la création d'un tunnel sous voies afin garantir le passage pour les cyclistes et les piétons. La raideur de la pente le rend malheureusement peu praticable, pour les cyclistes comme pour les personnes moins valides, et impose un détour de plus d'un kilomètre pour celles et ceux qui n'ont pas les capacités physiques de la franchir.

Vers plus d'inclusivité à vélo ?

Aux Pays-Bas, nos homologues néerlandais du Fietsersbond s'inquiètent plus largement du manque d'attention portée aux cyclistes moins valides (les goulottes s'adressent majoritairement aux vélos classiques et à des personnes en bonne forme physique). L'association pointe ainsi la multiplication des parkings vélo souterrains, dans les gares notamment, afin de libérer l'espace public en surface. Ainsi, sur 11 parkings vélo récents à Amsterdam, 3 seraient correctement accessibles, 6 d'une accessibilité variable, et 2 d'une accessibilité médiocre. Certains ne disposent pas d'ascenseur, ni de tapis roulant, mais uniquement d'escaliers avec goulottes parfois jugés trop raides par le Fietsersbond.

Pour les personnes plus faibles physiquement, les personnes âgées ou les personnes en situation de handicap, l'accès à ces parkings vélo est bien souvent compliqué, voire carrément impossible. La municipalité envisage donc de mieux prendre en compte cette problématique dans le cadre d'une nouvelle directive pour le stationnement des vélos.

De notre côté la frontière, la question de l'accessibilité cycliste se limite encore souvent à l'image "classique" du cycliste. Ces questionnements concernant l'inclusivité devraient pourtant davantage nourrir la réflexion autour de la conception de projets, chez nous aussi.

Florine CUIGNET

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