Des études ont déjà démontré le fossé qui existe entre l’opinion publique en matière de mobilité et la représentation que s’en font les décideurs politiques. Une récente enquête concernant l’accessibilité des commerces bruxellois démontre qu’il existe un décalage similaire entre l’idée que se font les commerçants de la mobilité de leur clientèle et la réalité.

Quand il est question de restreindre la place de la voiture en ville pour donner davantage d’espace à d’autres modes de déplacement, les associations de représentation des commerçants font bien souvent entendre leur voix, comme cela a récemment été le cas avec le marquage des pistes cyclables le long des boulevards du centre de Bruxelles ou encore avec le projet de Plan régional de stationnement. Limiter l’espace dévolu à la voiture individuelle équivaudrait à limiter l’accès aux commerces, et mettrait donc en péril leur viabilité. Un argument qui ne tient pas la route, au regard des résultats d’une enquête menée en 2011 dans quatre quartiers commerçants de la capitale.

Il apparaît en effet que l’argument principal dans le choix du quartier par le client pour effectuer ses achats est la question de la proximité, quel que soit le quartier concerné. La clientèle bruxelloise se déplace massivement à pied ou en transports en commun ; pourtant, lorsqu’on interroge les commerçants sur les modes de transport utilisés par leur clientèle, ceux-ci surestiment systématiquement la proportion de leur clientèle automobiliste.

Résultats de l’enquête pour le Goulet Louise, en semaine

Cela explique que lorsqu’on demande aux commerçants quelles sont les principales difficultés que rencontre leur clientèle pour accéder à leurs commerces, ils citent en priorité des préoccupations d’automobilistes (difficulté de se garer, coût du stationnement…) alors que les réponses des clients concernent bien davantage les transports en commun (fréquence ou horaire, trop de monde…). L’une des raisons avancée pour expliquer ce décalage entre la réalité et la perception des commerçants est que ceux-ci ont tendance à calquer leurs propres pratiques de mobilité sur leur clientèle.

Les commerçants des centres urbains peuvent donc être rassurés : développer la mobilité active et les transports publics au détriment de la voiture est tout bénéfice pour eux !

Florine Cuignet

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