Très fréquentée par les cyclistes utilitaires tout autant que récréatifs, la promenade de l'ancien chemin de fer, assurant la liaison entre Auderghem, Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert, se retrouve au cœur d'une polémique. Face à certaines tensions entre cyclistes et piétons, les trois communes ont en effet exprimé leur souhait d'en faire interdire l'accès aux cyclistes les week-ends et jours fériés. Le GRACQ s'oppose fermement à une telle restriction sur un tracé majeur du réseau vélo régional.

L'interdiction aux cyclistes de la promenade de l'ancien chemin de fer durant le confinement du printemps, pour des raisons sanitaires, a suscité de vives réactions. Les autorités régionales ont depuis rouvert l'itinéraire cyclo-piéton. Mais face à une cohabitation parfois difficile entre usagers, et estimant ne pas recevoir de réponse suffisante de la part de la Région, le bourgmestre d'Auderghem a exprimé son souhait d'interdire la circulation des vélos les week-ends et jours fériés pour des raisons de sécurité. 

Promenade cyclo-piétonne de l'ancien chemin de fer à Auderghem

Pour le GRACQ et le Fietsersbond, cette restriction n'est en aucun cas une réponse adaptée, pas plus qu'elle n'est acceptable. Dans un courrier adressé en juillet dernier aux bourgmestres d'Auderghem, de Woluwe-Saint-Lambert et Woluwe-Saint-Pierre, nos associations avaient rappelé l'intérêt stratégique de la promenade pour les personnes qui se déplacent à vélo et formulé des propositions alternatives.

Un axe cyclable majeur

La promenade de l'ancien chemin de fer fait partie de réseau régional structurant "VELO PLUS" (Good Move) et s'inscrit en outre dans la "promenade verte" cyclo-piétonne qui ceinture la région bruxelloise. Assurant la connexion avec les pistes cyclables du boulevard de la Woluwe et de l'avenue de Tervueren, le tracé présente des avantages majeurs : direct, sans dénivelé, et complètement isolé du trafic automobile, ce qui permet notamment d'éviter une série de carrefours dangereux dont certains sont répertoriés comme "zones à concentration d'accidents".

Durant la semaine, la promenade est essentiellement utilisée pour des déplacements utilitaires (domicile-travail, domicile-école). Durant le week-end, c'est davantage l'usage récréatif qui prime : on compte alors de nombreux cyclistes novices ou occasionnels, notamment des familles avec enfants ou des séniors. On imagine mal que l'accès à la promenade soit alors interdit à ce public, et que celui-ci soit renvoyé sur des voiries notoirement dangereuses. 

Quelles solutions ? 

La cohabitation entre les différents types d'usagers et les différentes pratiques (sportives, récréatives, utilitaires) n'est pas toujours évidente, mais la promenade de l'ancien chemin de fer ne constitue pas une exception. Le GRACQ et le Fietsersbond recommandent une approche plus ciblée et satisfaisante pour tou.te.s : 

Cycliste et piétons sur la promenade de l'ancien chemin de fer

  • Des campagnes régulières de sensibilisation

La majorité des tensions qui s'expriment trouvent leur origine dans des situations d'inconfort (comportement imprévisible d'un jeune enfant, surprise générée par le dépassement inattendu d'un cycliste…). Plus que le respect des règles, partager un même espace nécessite de faire preuve de vigilance, de courtoisie et de compréhension. Les messages de sensibilisation doivent s'adresser tant aux cyclistes qu'aux piétons qui ont chacun leur place légitime sur cet axe. 

  • La répression des comportements dangereux

Les véritables situations de mise en danger sont, elles, plus rares, mais nécessitent d'être ciblées en priorité. Plutôt qu'une interdiction arbitraire de rouler à vélo, qui nécessiterait un contrôle important et a peu de chance d'être pleinement efficace, un contrôle policier affecté à la répression des comportements dangereux serait plus judicieux. Une présence policière régulière permettrait aussi de prévenir, en partie, de tels comportements. 

  • L'aménagement d'une alternative de qualité

De nombreux cyclistes privilégient l'efficacité des déplacements. Proposer un tracé alternatif, confortable et sécurisé, permettrait de délester la promenade d'une partie de son flux cycliste, particulièrement aux moments de forte affluence. 

Les suites ?

L'ensemble des acteurs (Région - Environnement et Mobilité, communes, associations d'usagers cyclistes et piétons) se sont réunis en novembre pour discuter de propositions concrètes. Bruxelles Environnement, gestionnaire de la promenade, n'est pas favorable non plus à une restriction d'accès imposée aux cyclistes, et propose, en plus de messages de sensibilisation, une série d'adaptations au niveau de l'infrastructure (le GRACQ a insisté pour que ces modifications ne réduisent pas l'espace disponible pour les usagers, sur l'exemple de ce qui a été fait au niveau de l'Autre École). On espère que ces dispositions apporteront une réponse suffisante aux yeux des trois communes, afin d'écarter de nouvelles menaces d'interdiction pour les cyclistes. 

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