La province du Brabant Wallon qui développe depuis 2018 le réseau points-nœuds sur son territoire a ajouté en 2022 un cheminement qui emprunte une piste cyclable marquée le long d’une nationale à 2x2 bandes limitée à 90 Km/h et la traverse sans le moindre aménagement. Contactée en 2022 pour signaler cette ‘erreur’ et demander la suppression de ce cheminement dans l’attente d’un aménagement sécurisé, la province persiste à le maintenir envers et contre tous.

Contacté en août 2022 par une cycliste ayant emprunté ce cheminement du réseau points nœuds le long de la RN 252 (points 15-16) et par le GRACQ Nivelles, le service en charge du réseau les informe que des travaux de sécurisation seront programmés par la région wallonne dès septembre. Pas de détail, pas de plan d’aménagement, pas de calendrier précis. Recontacté par le GRACQ Nivelles quelques mois plus tard, la province renvoie le groupe local du GRACQ (et la balle) au SPW (Service Public de Wallonie) qui est en charge de cette voirie…

Le SPW, contacté par le GRACQ Wallonie, déplore la manière un peu cavalière de la Province qui développe son réseau sans coordination avec eux et confirme que des travaux de sécurisation de la traversée de la nationale sont programmés pour l’été 2023, mais que rien ne sera fait au niveau du cheminement où les cyclistes côtoient des voitures lancées à 90 Km/h… 

Ce cheminement ne respecte pourtant pas les recommandations de la région wallonne tant au niveau du type d’aménagement non séparé physiquement du trafic, que de l’absence de surlargeur pour protéger les cyclistes d’un automobiliste déviant de sa trajectoire ou de la modération de la vitesse du trafic.

Malgré les différents contacts avec la commune de Nivelles et le chef de la police, la proposition d’une alternative à ce cheminement via des voiries apaisées et, finalement, la publication d’une vidéo sur la page Facebook du GRACQ Nivelles pour rendre public le choix plus que discutable de ce nouveau cheminement, rien ne change.


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La question se retrouve au conseil provincial du Brabant wallon en décembre et, dans sa réponse, la Province déplore le retard mis par le SPW à sécuriser ce cheminement et explique que pour éviter des surcoûts et des gaspillages, il ne lui est pas possible de modifier le cheminement. Pas une fois, le mot sécurité ne se retrouve cité dans cette réponse!

Vu le blocage incompréhensible de ce dossier, le GRACQ a adressé un courrier recommandé à la Province lui enjoignant de supprimer ce cheminement tant qu’un aménagement conforme ne soit réalisé. Dans ce courrier le GRACQ insiste sur le fait qu’en l’absence de réaction de sa part, la responsabilité de la province risque d’être engagée en cas d’accident subi par des cyclistes empruntant ce cheminement du réseau points-noeuds.

La réponse obtenue a le mérite de clarifier la politique de développement du réseau par la province: "Nous utilisons des aménagements existants sur une voirie régionale. Bien que ces aménagements ne soient pas des plus appropriés à la bonne circulation des cyclistes, ils ne s’en avèrent pas moins utiles et ont le mérite d’exister, comme tant d’autres sous cette forme au sein de nos routes régionales." Exit donc la notion de sécurité des cyclistes, slogan pourtant mis en avant sur le site et les publications du réseau à points-noeuds…

Le GRACQ est favorable au développement du réseau points-noeuds et est bien conscient qu’en l’absence d’aménagements cyclables sécurisés sur certaines voiries en Wallonie, il n’est pas toujours possible d’assurer en tous points une sécurité optimale sur le réseau, mais cela doit se faire avec discernement, en tenant compte des utilisateurs les plus vulnérables de ce réseau, à savoir les familles avec des enfants, et rien ne justifie le choix d’un cheminement indiscutablement dangereux. 

Si le GRACQ déplore le manque flagrant de considération pour la sécurité des cyclistes dans ce cas précis, il souligne également le travail fait par la province pour le développement d’un réseau cyclable ainsi que l’aménagement et la sécurisation de certains tronçons pour étoffer et améliorer ce réseau.

Le GRACQ ne manquera pas de mentionner et d’insister à nouveau sur ce point noir lors de ses contacts périodiques avec les directions territoriales du SPW sur les aménagements problématiques et ceux à réaliser en priorité pour améliorer le réseau cyclable wallon

Le souvenir d’un de nos membres, Pierre Darquenne, qui a laissé sa vie sur un tronçon d'une nationale dont il avait à maintes reprises signalé la dangerosité aux autorités avant qu’un aménagement ne soit réalisé et inauguré à sa mémoire 2 ans après son accident, nous reste en mémoire et motive le GRACQ à continuer à mettre la pression sur la province et le SPW à ce sujet.

Nicolas SELFSLAGH

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