La Commission européenne propose d'imposer à tous les véhicules des technologies destinées à améliorer la sécurité des usagers vulnérables, et sauver ainsi la vie de milliers de cyclistes et de piétons. Le GRACQ demande à nos députés européens de soutenir les meilleures, car certaines de ces technologies font l'objet d'un tir de barrage de l'industrie.

1. Limitateurs de vitesse automatiques (systèmes ISA)

Cette technologie est mûre et pourrait être installée prochainement en série sur tous les véhicules européens. Elle est déjà disponible sur certains modèles de Volvo, Ford ou Renaut. Elle pourrait empêcher à elle seule le décès de 1.300 personnes par an en Europe.

Toutefois, pour être efficace il faut y inclure une résistance sur la pédale d’accélérateur :

  • qui s'enclenche quand la vitesse limite est dépassée
  • qui ne bloque pas complètement toute accélération (mais la dissuade)
  • qui soit intuitif
  • qui ne puisse être déconnecté en permanence
  • qui soit actif par défaut au démarrage

Un simple avertisseur de dépassement de la limite de vitesse (SLI), tel que proposé par l’industrie automobile, est clairement insuffisant.

2. Détection des piétons/cyclistes par les camions

La Commission prévoit un système obligatoire de détection des piétons/cyclistes pour tous les camions. C’est effectivement une très bonne idée. Pour qu’elle soit réellement efficace cependant, il faudrait que, dès que la technologie sera disponible, un système de freinage automatique y soit couplé. Des amendements en ce sens ont été déposés par des députés européens au projet de la Commission.

La « vision directe » est un autre enjeu important. Les camionneurs ne doivent en effet pas pouvoir compter uniquement sur leurs rétroviseurs, qui ont de nombreux angles morts fatals aux piétons et aux cyclistes présents autour des camions. Il faut que le "design" même des véhicules permette ue vision directe de l'espace autour du camion.

Angles morts des camions de livraison : comparatif

La Commission propose fort heureusement d'aller dans ce sens. Mais le problème est le délai proposé : de 8 à 10 ans avant que ces nouveaux camions à vision directe se généralisent sur les routes en Europe. Le Parlement doit insister pour un délai plus court : de 2 à 4 ans.

La balle est donc dans le camp des députés européens, qui sont appelés à voter ce 21 février sur le projet global de la Commission. Nous avons demandé à nos eurodéputés belges leur soutien effectif aux technologies les plus ambitieuses en matière de sécurité routière, pour s’assurer que les prochains véhicules qui circuleront dans l’Union seront moins dangereux pour les usagers les plus vulnérables.

Luc Goffinet

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