Le futur visage du pont Marchant à Anderlecht était dernièrement à l’enquête publique. Les plans confirment le statut cyclo-piéton du pont, fermé à la circulation automobile depuis 2014. Un projet de pont réservé aux modes actifs qui se heurte à l'avis de la commission de concertation, qui se prononce pour la réouverture du pont au trafic motorisé.

Situé à Anderlecht, le pont Pierre Marchant assure la liaison entre deux parties de la commune, situées de part et d’autre du canal. En 2014, des raisons de sûreté poussent les autorités à fermer le pont à la circulation automobile. Après huit ans, le constat est clair : le pont est non seulement devenu un tracé privilégié pour les piétons et les cyclistes, mais également un lieu de rencontre pour les riverains qui y organisent régulièrement des activités. 

Pour pérenniser ces nouveaux usages, un projet de réhabilitation du pont propose de le réserver exclusivement aux piétons et aux cyclistes, comme c’est le cas aujourd’hui, et d’y installer des bancs et des tables de pique-nique afin de rendre l'espace plus convivial.  La fermeture définitive du pont Marchant au trafic motorisé suscite pourtant la polémique. En dépit des nombreux soutiens, qui se sont notamment exprimés au travers d'une pétition en ligne, la commission de concertation s'est prononcée en faveur de la réouverture du pont au trafic motorisé. 

Signer la pétition en ligne

L’avis du GRACQ & du Fietsersbond d’Anderlecht

Le GRACQ et le Fietsersbond soutiennent la proposition d’un pont réservé aux modes actifs, avec une amélioration de la sécurité, du confort et de l’attrait du pont et de ses alentours. Le pont Marchant constitue en effet une liaison importante pour les cyclistes, à l’intersection du réseau Vélo CONFORT (sur le pont) et Vélo PLUS (le long du canal). Le fait de réserver ce pont aux modes actifs en renforce encore l’intérêt stratégique. La réouverture du pont au trafic motorisé réduirait au contraire le confort et la sécurité des déplacements à vélo, alors que les automobilistes disposent, moyennant un léger détour, de traversées du canal à Paepsem et Cureghem (réseau Auto CONFORT). 

Nos deux associations s'interrogent sur la nécessité de démolir la structure actuelle du pont pour en reconstruire une nouvelle. Un tel projet a un impact environnemental non négligeable et pose également la question du patrimoine. Il faut également considérer l'impact d'un tel chantier (riverains, mobilité). Nous recommandons donc d'étudier plus en avant la possibilité de rénover la structure actuelle plutôt que de procéder à une destruction/reconstruction.

Dans le cas où le scénario démolition/reconstruction est retenu, nous insistons pour que certains points soient améliorés :

  • Les cheminements cyclistes et piétons doivent être clairement séparés (éviter les cheminements mixtes), tout en veillant à ce que les piétons disposent d’un revêtement tout aussi confortable que les cyclistes. L’utilisation de pavés sciés pour les parties piétonnes le long du canal risque d’inciter ceux-ci à privilégier l’asphalte de la piste cyclable et de générer des conflits. 
  • À l’extrémité du pont, côté rue Pierre Marchant, il est nécessaire de clarifier les cheminements cyclistes. La piste cyclable se prolonge au-delà du pont, alors que la piste le long de Bistebroek – balisée comme itinéraire cyclable régional, est interrompue brutalement pour mêler cyclistes et piéton sur un revêtement pavé. La mauvaise lisibilité des cheminements cyclistes peut engendrer des conflits entre cyclistes et piétons. 
  • Des véhicules lourds d’entretien réalisent régulièrement des interventions du côté sud du pont : idéalement, ces véhicules doivent bénéficier d’un tracé séparé des modes actifs (ou qui supprime le risque de conflits avec les piétons et cyclistes), avec une attention particulière au revêtement qui doit supporter le passage de tels véhicules. 
  • Avec le développement de la fonction récréative du pont (lieu de destination), il est important que des arceaux vélos soient prévus à proximité directe du pont, en tenant compte également des vélos de plus grand gabarit.
  • Le projet ne prévoit pas de connexion directe avec la rue des Goujons. Il s’agit pourtant d’un itinéraire privilégié par les cyclistes qui utilisent le pont Marchant, car il constitue le tracé le plus court pour rejoindre Cureghem et la gare du Midi. La commune l’a identifié comme itinéraire cyclable communal (ICC) en raison de son potentiel : il est nécessaire que cette logique soit correctement prise en compte dans le projet final.

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