Ciel bleu et soleil radieux, on aurait pu difficilement espérer une météo plus clémente pour une marche exploratoire à la découverte des aménagements cyclo-piétons en région bruxelloise. Ce 14 mai, se tenait en effet la première formation organisée par le GRACQ en collaboration avec Walk, la jeune plateforme piétonne en région bruxelloise.

Trop souvent amalgamés dans les plans et projets de mobilité sous l’appellation "modes actifs", les cyclistes et les piétons sont pourtant des usagers bien différents. Cela explique que les espaces mixtes ou contigus ne sont pas toujours bien vécus, d’autant plus lorsqu’ils ne sont pas correctement réfléchis.

Cette marche exploratoire avait donc pour objectif d’aller à la rencontre d’une grande variété d’aménagements cyclo-piétons, afin d’observer les éléments qui (dys)fonctionnent : arrêts de transports publics, zones de rencontre, pistes cyclables contigües au trottoir, traversées cyclo-piétonnes, zones piétonnes, trottoirs cyclo-piétons, parc ouvert aux cyclistes… 

De ces observations, il est possible de retirer certains éléments saillants pour un aménagement cyclo-piéton fonctionnel :

  • La lisibilité de l’aménagement (compréhension directe de la place de chacun, signalétique correspondant à la situation de terrain).
  • La continuité et la cohérence des cheminements (éviter les interruptions brusques des cheminements ou l’inversion des cheminements cyclistes et piétons…)
  • La qualité d’usage. Celle-ci se traduit notamment au travers de :
    • la largeur disponible : adaptée au flux et aux usages (déplacements utilitaires ou récréatifs, espace de séjour...), libre de tout obstacle… Elle sera déterminante dans le choix de scinder ou non l'espace entre cyclistes et piétons.
    • le revêtement : les usagers vont se diriger instinctivement vers le revêtement le plus confortable, il est donc important de proposer un confort équivalent pour les deux catégories d’usagers.
    • le type de séparation utilisée : celle-ci doit être claire et ne pas constituer un danger (risque de chute…). 
    • la visibilité (éviter notamment tous les éléments qui constituent un masque de visibilité aux intersections).
    • la déclivité : en accentuant ou en réduisant le différentiel de vitesse entre cyclistes et piétons, la déclivité joue un rôle important dans la décision de séparer ou non les cyclistes des piétons. 

Good Move : quelle place pour les piétons et les cyclistes ?

 

L’espace public n’étant pas illimité, les choix d’aménagements sont régulièrement, en pratique, le fruit de compromis. La région bruxelloise s’est néanmoins dotée d’un Plan régional de mobilité qui permet d’opérer des priorités et de guider les nécessaires arbitrages

La formation a donc été l’occasion d’aborder le plan Good Move, et la manière dont celui-ci intègre la question de la marche et du vélo : principe STOP (hiérarchisation des modes privilégiant les modes les plus universels et les plus durables), réseaux dédiés (magistrales piétonnes, réseaux PLUS / CONFORT / QUARTIER), itinéraires, prescriptions réglementaires

La région bruxelloise dispose également de guides de recommandations (les vademecums), pour les aménagements cyclables comme pour les aménagements piétons. 

Cette marche exploratoire n’aura pas épuisé toutes les questions relatives à la cohabitation entre cyclistes et piétonnes, loin s’en faut. Mais cet échange entre cyclistes et piétons aura été riche d'enseignements et, comme toute première, ne demande qu’à être réitéré et approfondi !

Florine CUIGNET

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