Au panthéon des infrastructures cyclables les plus étonnantes, le “Hovenring” tient sans conteste le haut du pavé. Un design impeccable, une réalisation élégante et un confort d’utilisation pour les vélos justifient son aura. Cet anneau suspendu permet effectivement le passage fluide et sécurisé des cyclistes d’Eindhoven au-dessus d’un carrefour important (25 000 véhicules par jour).

Mais tout cela justifiait-il les onze millions d’euros dépensés ? Le budget vélo de la ville n’a-t-il pas été dépensé dans un projet mammouth au détriment du reste ? Eh bien la réponse est nuancée.

Tout d’abord cet ouvrage d’art a été réalisé sur des fonds routiers (40% communaux et 60% nationaux), parce que le but premier de cet aménagement n’était pas de choyer les vélos, mais bien de décongestionner le rond-point routier préexistant. Pour “fluidifier le trafic”, il fallait revoir tout le carrefour.

On peut certes déplorer la motivation à la base du projet, mais couper des gros flux de véhicules n’est pas non plus toujours très agréable à vélo…

cycliste_hovenring

Alors que faire des 4 000 cyclistes qui passaient par là ? Les enterrer ? On le fait parfois mais avec tous les inconvénients des tunnels : l’insécurité, le manque de contrôle social. Et donc un découragement des déplacements à vélo.

Il a donc été décidé de les faire passer plutôt par dessus le carrefour, qui a été à moitié enterré pour que les pentes à pied et à vélo ne soient pas trop fortes.

Maintenant fallait-il un splendide ouvrage d’art pour cela ? Peut-être pas. Mais la ville d’Eindhoven souhaitait un geste architectural fort pour marquer l’une des entrées principales sur son territoire. Et donc pas de simples passerelles.

C’est donc la volonté politique de créer un repère visuel fort dans le paysage urbain et de séparer les flux motorisés/modes doux qui ont donné ce superbe aménagement cyclable.

Et tant mieux pour les cyclistes néerlandais !

Luc Goffinet

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