Les cyclistes respirent davantage de particules fines que les autres” : l’information a été largement relayée dans la presse ces derniers jours, venant ainsi grossir le mythe tenace du “vélo dangereux”. Des nuances s’imposent pourtant, et les associations cyclistes le rappellent : la pratique du vélo reste bénéfique pour la santé.

Un article récemment publié dans la revue scientifique Atmospheric Environment1 fait ce triste constat : un cycliste inhalerait davantage de particules fines qu’un automobiliste. À travers l’effort qu’il fournit, il respire plus vite et plus profondément, et les particules fines s’incrustent profondément dans les poumons. Si les associations cyclistes ne remettent pas en cause ces résultats, elles rappellent cependant que faire du vélo reste bon pour la santé, à condition de ne pas s’exposer inutilement à des niveaux élevés de pollution.

La relève des mesures a été effectuée sur des trajets identiques pour les voitures et les deux-roues. Or les cyclistes n’empruntent pas nécessairement la route la plus rapide mais optent souvent pour des itinéraires plus sécurisants. Les associations cyclistes recommandent de privilégier les voiries secondaires moins fréquentées, où ils seront exposés à des niveaux de concentration de particules fines moindres que les automobilistes qui circulent dans des artères embouteillées.

D’autre part, il est scientifiquement reconnu qu’une activité physique régulière contribue à diminuer les risques de maladies cardio-vasculaires ainsi que le risque de mort prématurée – ce que n’ont pas manqué de rappeler les auteurs de l’article –. La pratique quotidienne du vélo reste donc globalement bénéfique pour la santé.

Les associations cyclistes trouvent particulièrement cynique que les cyclistes, qui ne produisent aucune particule fine, soient pourtant les premières victimes de cette pollution. Les résultats de cette étude doivent être interprétés comme un signal supplémentaire quant à l’urgence de mettre en place des mesures afin de favoriser la pratique du vélo et de réduire le trafic motorisé sur nos routes.

Éric Nicolas

1 INT PANIS L., DE GEUS B., VANDENBULCKE G., WILLEMS H., DEGRAEUWE B., BLEUX N., MISHRA V., THOMAS I. et MEEUSEN R., “Exposure to particulate matter in traffic: a comparison of cyclists and car passengers”, article paru dans Atmospheric Environment, n°44/19, juin 2010

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