Le GRACQ a demandé aux principaux partis belges francophones de se positionner sur dix mesures prioritaires en faveur du vélo. Si certaines semblent faire consensus, comme une indemnité vélo domicile/travail obligatoire, la formation des enfants ou la création d'infrastructures cyclables séparées, d'autres comme le péage urbain ou la généralisation du 30 km/h en agglomération ne récoltent pas de majorité. Elles sont pourtant toutes nécessaires à la transition vers une mobilité réellement durable.

Elections 2019 - Comparatif partis synthèse

Les mesures consensuelles

Avec une belle unanimité, nos six partis francophones souhaitent intégrer le vélo dans les programmes scolaires. Ce qui correspond à un souhait majeur du GRACQ, car cette compétence doit en effet être enseignée dès le plus jeune âge.

Une indemnité obligatoire pour aller travailler à vélo semble aussi séduire cinq partis sur six (le PTB n'est pas nécessairement contre mais ne l'a pas envisagé dans son programme).

Pour contrer le vol de vélo, l'idée d'une base de données nationale des cycles perce dans la plupart des réponses des partis. On s'en réjouit, car jusqu'à présent seule la Région bruxelloise s'y est vraiment attaquée à bras le corps.

Pour la Wallonie, il semble y avoir une quasi unanimité sur la nécessité d'un budget vélo plus important (20€/an/habitant) et d'infastructures cyclables séparées sur les routes régionales. Seul le MR estime qu'il ne faut consacrer que le montant budgétaire réellement nécessaire à une politique vélo, sans budget fixé a priori. Pour le PTB, la séparation physique des infrastructures serait prévue seulement pour les routes où le régime de vitesse est d'au moins 70 km/h.

De façon assez surprenante, la majorité des partis semble accepter l'idée de reprendre au trafic motorisé l'espace nécessaire à la création d'aménagements cyclables de qualité. Les discours seront-ils en adéquation avec les actes ? À l'heure actuelle, force est de constater que ce n'est pas (toujours) le cas...

Les mesures qui font débat

Quatre parti sur six se prononcent pour la fin du système actuel des voitures salaires. Du côté du MR et du cdH, on souhaiterait conserver des voitures "basses émissions" dans le cadre de l'avantage fiscal actuel. Pour les autres partis, une sortie à terme du système de subsidiation des voitures serait envisagée.

Pour les amendes proportionnelles au danger causé par chaque type de véhicule sur la route (un vélo ne cause pas les mêmes dommages qu'une voiture), les partis sont assez divisés. Toutefois, il faut signaler que le sujet ne fait pas encore vraiment partie du débat public, et qu'aucun programme ne les mentionne donc explicitement.

Les mesures polémiques

Ville 30 (logo)

Ce qui semble le plus tempérer l'enthousiasme des partis pour le vélo, ce sont les mesures contraignantes pour le trafic motorisé. Ainsi, seuls Défi et ECOLO promeuvent l'idée d'un péage urbain (à Bruxelles) et un régime de vitesse de 30km/h par défaut en agglomération.

Il s'agit là pourtant de deux mécanismes fondamentaux pour restreindre la pression automobile, réduire sa dangerosité, et ainsi favoriser les déplacements non motorisés.

Conclusion

Le GRACQ se réjouit du niveau d'adhésion de la plupart des partis à ses demandes prioritaires. C'est encourageant pour le développement de futures politiques cyclables ambitieuses à Bruxelles et en Wallonie. Toutefois, le bât blesse encore quand il s'agit de réduire le nombre de voitures en circulation, ainsi que leur vitesse. Deux conditions sans lesquelles les modes actifs ne pourront prendre leur envol...

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