Est-il possible d'assurer davantage de sécurité pour les modes actifs sur une voirie sans réaliser d’investissements conséquents ? Déjà bien connu chez nos voisins, le concept de la chaussée à voie centrale banalisée émerge maintenant chez nous. Il pourrait répondre à la question.

Qu’est-ce qu’une “chaussée à voie centrale banalisée” (CVCB) ? Selon la définition donnée dans la toute récente brochure du Service Public de Wallonie, la CVCB est une chaussée à circulation centrale composée d’une voie destinée au trafic motorisé, encadrée par deux bandes latérales dédiées aux modes doux. La largeur de la voie centrale ne permet pas le croisement de deux véhicules. Ceux-ci sont autorisés à emprunter les bandes latérales lors des croisements, sans pour autant mettre en danger les piétons et les cyclistes qui s’y trouvent.

voie central banalisée Walhain

Il s’agit d’un concept de partage de l’espace déjà utilisé avec succès dans d’autres pays comme en France (chaucidou), en Suisse (Kernfahrbahn), en Allemagne (Angebotsstreifen), en Autriche (Mehrzweckstreifen) et aux Pays-Bas (Fietssuggestiestrook).

Le principe de cet aménagement se base sur une structuration optique de l’espace routier. Sans toucher à la largeur physique de la route, le marquage de bandes latérales et la suppression de la ligne médiane induisent un rétrécissement de la voirie qui tend à favoriser une conduite plus prudente et une meilleure fluidité du trafic motorisé. On passe de la “route” à la “rue”. En créant une nouvelle ambiance, on espère induire un changement des comportements. 

voie centrale banalisée Suisse

En Belgique, des tests ont été réalisés à Walhain et à Tinlot dans le cadre du plan “Wallonie cyclable”. Ils n’ont pas montré une diminution des vitesses pratiquées mais ont mis en évidence un respect strict du marquage lors des dépassements des cyclistes. Par contre, un cas pratique à Birmenstorf en Suisse a démontré qu’après la mise en CVCB d’un tronçon de voirie, la vitesse maximale pratiquée sur celui-ci a baissé de 5 km/h.

Bien que différentes recommandations existent en fonction des pays pour l’instauration d’une CVCB, le concept s’avère être une bonne solution pour donner une place aux cyclistes dans les cas où l’aménagement d’infrastructures cyclables plus conséquentes n’est pas réalisable. C’est en expérimentant chez nous ce type d’aménagements que nous serons en mesure de mieux apprécier les conditions à remplir pour l’implémenter. Et pour cela, il faut bien évidemment se lancer !

Aurélie Willems

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