La SNCB souhaite interdire dès 2019 l'embarquement des vélos (non pliants) dans les trains aux heures de pointe, en période scolaire. Le GRACQ et le Fietsersbond s'opposent à cette décision qui va pénaliser certains usages, peu nombreux mais utiles, de cette possibilité d'intermodalité. Le ministre de la mobilité s'y oppose également.

Pour justifier son idée la SNCB invoque des raisons de manque de place aux heures de pointe, des retards dus à l'embarquement des vélos, qui gêneraient aussi les passagers en stationnant sur les plateformes.

Nous tenons tout d'abord à signaler que peu de cyclistes essaient d'embarquer leur vélo en pleine heure d'affluence, car c'est assez stressant et fastidieux. Les quelques usagers qui le font donc ne le font pas sans bonne raison. Il s’agit surtout d’un usage professionnel ou utilitaire, qu’il ne faut pas dissuader. Vu le peu de cyclistes qui le font, l’impact sur la ponctualité est extrêmement faible.

Ensuite, si l'embarquement d'un vélo prend également beaucoup de temps, c'est dû au matériel roulant qui empêche la plupart du temps le cycliste de monter dans le train sans intervention du contrôleur, ainsi qu'à l'absence de signalement clair de l'emplacement du compartiment vélo sur les quais. Des cyclistes se retrouvent donc régulièrement au mauvais endroit avec leur vélo, et montent là où ils peuvent, ce qui peut gêner les autres passagers.

Les chemins de fer suisse, par exemple, indiquent depuis longtemps clairement l'emplacement du compartiment vélo, où le cycliste peut attendre et monter rapidement et facilement dans le train. Même aux heures de pointe les vélos ne portent donc pas atteinte à la ponctualité helvète.

Nous trouvons donc dommageable que la SNCB choisisse de revoir sa politique de transport des vélos, plutôt que de rénover intelligemment ses rames en les dotant d'espaces multi-fonctionnels (vélos, poussettes, PMR) accessibles sans intervention d'un tiers, et clairement annoncés avant embarquement.

La SNCB base aussi sa décision sur une politique d'embarquement restrictive des chemins de fer néerlandais.​ Si aux Pays-Bas les vélos standards sont effectivement exclus durant les heures de pointe, cela est compensé par un service horaire plus étendu (on peut y prendre le train jusque très tard), par la mise à disposition de vélos ‘OV-fiets’ (= blue bikes) dans plus de 200 gares, par des parkings sécurisés, etc. Toutes des choses qui font encore défaut chez nous, particulièrement dans le sud du pays.

Si vous ne pouvez embarquer votre vélo qu’à 9h37 en gare d’Arlon vous ne serez à Bruxelles qu’à midi ! Il devient donc difficile de prendre une correspondance en Belgique, ou pour l'étranger, pour un long trajet. Les gares les plus éloignées seront les plus pénalisées par cette restriction horaire.

Cette mesure est aussi en contradiction avec un projet de nouveau règlement européen, qui prévoit huit emplacements vélo dans tous les trains circulant en Europe. Ces emplacements risquent de demeurer vides une bonne partie du temps !

En conclusion, Le GRACQ et le Fietsersbond demeurent ouverts à la discussion, mais demandent néanmoins à la SNCB de revenir sur cette politique trop restrictive. Les associations cyclistes sont soutenues dans cette voie par François Bellot, ministre fédéral de la mobilité, qui n'acceptera pas une interdiction pure et simple telle que proposée par la SNCB :

"Je demande une évaluation de la situation : dans combien de cas y a-t-il des problèmes, sur quelles lignes, quand ? Après cela, les cas critiques doivent être identifiés, des solutions envisagées, concertées avec les associations de navetteurs et d'usagers des vélos. Et puis le nouveau matériel roulant M7 qui sera livré dans les prochains mois comprendra des plateaux-espaces pour vélos."

Luc Goffinet

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