En concertation avec le GRACQ, Inter-Environnement Wallonie (IEW) publie cette semaine un cahier de recommandations pour une politique qui encourage réellement le vélo en Wallonie.

IEW Note Modes Actifs

En attendant un successeur digne de ce nom au plan "Wallonie Cyclable", le document d'une soixantaine de pages résume toutes les composantes d'une politique vélo complète (infrastructure, éducation, promotion, services, gouvernance). Aucune mesure dont on ne peut faire l'économie si l'on veut concrétiser la vision du gouvernement wallon (5% de déplacements à vélo en 2030).

Au niveau des moyens, IEW propose d'arrêter la dispersion des moyens actuels qui est inefficace. Cette année 62 communes ont reçu 100.000 € chacune. Il conviendrait plutôt de concentrer les subsides sur une trentaine de noyaux urbains, avec un financement proportionnel à leur population. On toucherait de la sorte les zones où le potentiel vélo est le plus élevé.

Cela ne signifie bien sûr pas qu'il faille abandonner les campagnes : au cahier des recommandations figure également un budget spécifique pour les aménagements en zone rurale.

À l'approche des élections communales, IEW et le GRACQ mettent aussi l'accent sur des mesures locales :

  1. S’assurer des ressources humaines nécessaires, notamment par la formation des agents techniques des communes à la prise en compte du vélo et modes doux.
  2. Développer largement des cheminements cyclables et piétons pratiques et sécurisés, avec un maillage fin du territoire communal autour des lieux de services (écoles, commerces, administrations, gares, etc.) et d’habitation.
  3. Pour améliorer la sécurité, réduire de manière ciblée la vitesse automobile :
    • En milieu urbanisé, adopter la limitation à 30 km/h dans les quartiers résidentiels.
    • En milieu suburbain et rural, réduire la vitesse maximale autorisée de 90 à 70 km/h sur les routes présentant un potentiel cyclable.
    • Limiter la vitesse autorisée à 70 km/h un kilomètre avant l’entrée en agglomération, de manière à créer une zone tampon et obtenir un meilleur respect des limites de vitesses au sein de l’agglomération.
  4. Mettre en place des dispositifs de stationnement vélo sécurisé, en particulier aux nœuds de transport en commun.
  5. Mesurer et communiquer sur la progression de la pratique du vélo dans les villes.

Enfin, IEW et le GRACQ plaident pour que les communes dégagent des budgets suffisants pour réaliser ces priorités et réclament un budget annuel régional minimum de 10 €/habitant (il est d’environ 5 € actuellement), afin d'entamer le rattrapage nécessaire. À titre comparatif, on notera que la Flandre investit 18 €/habitant pendant que les Pays-Bas affectent 24 €/habitant à leur politique cyclable chaque année.

Le potentiel de développement du vélo en Wallonie est considérable. Sur la dernière décennie, le nombre de cyclistes a triplé à Liège et a même été multiplié par cinq à Namur.

Noé Lecocq et Luc Goffinet

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