On le constate un peu partout : la diminution du trafic motorisé, couplée à l'augmentation des déplacements à vélo, entraine la création temporaire de nouveaux aménagements cyclables. Le ministre wallon de la Mobilité vient d'écrire aux communes pour qu'elles soient réceptives à ces bons exemples. Une occasion pour tous les citoyens d'appuyer cette demande.

Berlin PCM temporaire coronavirus

En Belgique comme ailleurs, confinement oblige, les personnes voient leurs déplacements raccourcis et optent de plus en plus pour le vélo. Or les aménagements cyclables actuels étroits, voire inexistants, ne permettent pas de respecter la distanciation sociale ni de circuler dans des conditions optimales de sécurité. Notamment en considérant la vitesse souvent plus élevée des véhicules circulant encore sur nos routes.

En France, quelques villes, dont Grenoble, Montpellier ou Paris, se sont déjà lancées dans des aménagements cyclables temporaires dits "tactiques", c'est-à-dire mis en œuvre rapidement, de façon légère et réversible (en cas de démantèlement plus tard).

Du côté de Bruxelles, les autorités régionales proposent aux communes un soutien pour l'installation temporaire de zones de rencontre, rues cyclables, ou toute autre solution permettant de créer davantage d'espace pour les piétons et les cyclistes. Outre la fermeture du bois de la Cambre au trafic motorisé, de parcs et de certains axes, tout le périmètre situé à l’intérieur de la "petite ceinture" sera mis début mai en zone de rencontre (20km/h et piétons prioritaires), ainsi qu'une série de rues dans le quartier de Cureghem à Anderlecht. Cette mesure permettra de sécuriser les nombreux usagers actifs qui continueront à y circuler au moment du déconfinement.

Par ailleurs, le déconfinement pourrait donner lieu à une diminution de la fréquentation des transports en commun, qui pourrait se reporter sur... la voiture individuelle. Un scénario conduisant à plus de trafic et de congestion urbaine si on ne permet pas à une partie supplémentaire de la population de se déplacer à vélo en sécurité.

Du côté de la Wallonie

Dans un courrier officiel rédigé vendredi dernier, le Ministre de la mobilité a envoyé à toutes les communes wallonnes un signal fort pour la protection des cyclistes et des piétons :

Certaines autorités locales à l’étranger ont décidé de fermer tout ou une partie des voiries à la circulation automobile, afin de permettre une dispersion plus grande des piétons et des cyclistes, tout en veillant à ce que ces lieux ne deviennent pas des lieux récréatifs. En tant que Ministre de la Mobilité, ces exemples m’apparaissent intéressants et vous interpellent certainement également. Je ne peux que vous encourager à y donner de l’attention.

Afin de vous soutenir dans de telles orientations qui conviendraient à votre situation spécifique, j’ai demandé au SPW Mobilité et Infrastructure d’avoir une attention particulièrement positive à vos éventuelles demandes de concertation en matière de fermetures de voiries régionales, et de vous apporter ses conseils en matière d’aménagements provisoires.

Pour aider les communes wallones à déterminer les endroits à sécuriser en priorité, il est important que la demande citoyenne s'exprime rapidement, sur l'exemple du GRACQ d'Ottignies qui propose des solutions pour sécuriser la N239 entre Ottignies et Wavre. Ou encore du collectif Urbagora à Liège, qui a dressé une carte d'axes cyclables à retravailler.

Si vous vous posez des questions sur ce que vous pourriez demander à votre commune en matière d'aménagements cyclables temporaires (voire peut être définitifs après la crise !), nous avons concocté pour vous une liste de propositions concrètes. N'hésitez pas à l'utiliser pour alimenter vos demandes auprès de votre échevin.e de la Mobilité ou de votre bourgmestre.

Luc Goffinet

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