Sur l’avenue de Tervueren, entre l’avenue Villaboar et la chaussée de Tervueren, un ruban d’asphalte ocre a remplacé l’ancien revêtement dégradé de la piste cyclable. Une nette amélioration qui peine pourtant à faire oublier que la sécurité des cyclistes a tout simplement été bradée durant le chantier, sur un axe cycliste majeur. 

Le GRACQ de Woluwe ne décolère pas : durant les quinze jours qu'a duré le chantier, les cyclistes ont tout simplement été renvoyés... sur la chaussée. Une chaussée qui s'étale, à cet endroit, sur deux à trois bandes de circulation dans chaque sens et draine un trafic intense et rapide. Seule mesure de sécurité : une limitation de la vitesse à 30 km/h, pas du tout respectée (les panneaux 50 km/h n’avaient d'ailleurs pas été masqués).

Une situation qualifiée "d’extrêmement dangereuse" par Louis De Block, coordinateur du GRACQ Woluwe : "On a vu des mères de famille avec des vélos-cargo, des collégiens sur le chemin de l’école, des gens qui se rendent ou rentrent du travail, et qui cherchaient une autre solution. Il n’y en avait pas. Tout le monde était perplexe."

En amont du chantier, des affichettes avaient pourtant annoncé que les cyclistes pourraient soit circuler à double sens sur la voie de droite de l’avenue, soit emprunter la déviation indiquée. Pourtant, les cyclistes sur place ont bien dû se rendre à l’évidence : pas d'itinéraire bis, et absolument rien pour sécuriser les cyclistes sur l’avenue elle-même (la commission "chantier" ayant jugé la mesure inutile). Du côté de la commune, la situation a été jugée acceptable "pour autant que le 30 km/h soit respecté". 

Le nouveau revêtement sur l'avenue de Tervueren

La circulation des cyclistes est aujourd’hui revenue à la normale, sur un revêment confortable. Mais le GRACQ entend bien poursuivre la discussion avec les autorités régionales : il est tout à fait inacceptable que la sécurité des cyclistes ne soit pas assurée durant un chantier, d'autant plus sur un axe majeur du réseau cyclable. Le principe "STOP" (hiérarchisation des modes de transports mettant prioritairement l'accent sur les modes les plus universels et les plus durables : marche > vélo > transports publics/partagés > voiture privée) doit également s'appliquer en cas de chantier.

En septembre dernier, les sections GRACQ de Woluwe et Etterbeek interpelaient justement les autorités régionales et communales, rappelant à chacun ses engagements politiques au travers d'une lettre ouverte. Sur l'avenue de Tervueren, il y a encore à faire pour obtenir les conditions de confort et de sécurité que les cyclistes peuvent attendre d'une "cyclostrade".

Pendant ce temps-là, en forêt de Soignes...

En région flamande, une passerelle surplombant le carrefour des Quatre Bras à Tervueren devrait bientôt être installée, assurant une liaison sécurisée pour les cyclistes entre Bruxelles et Tervueren. La Flandre envisageait initialement de prolonger la passerelle par une piste cyclable sur l'avenue de Tervueren même, en récupérant une bande de circulation motorisée. En raison de blocages politiques, il a fallu se rabattre sur une solution provisoire : rénover la piste existante en forêt de Soignes (où les possibilité d'interventions sont limitées).

L'ancien revêtement de la piste a donc fait place à une piste en stabilisé perméable de 3 mètres de large. Mais l’enthousiasme des cyclistes a été de courte durée : le revêtement s’est très vite révélé être impraticable et particulièrement glissant

Suite aux plaintes nombreuses, de nouvelles interventions ont été prévues afin de résoudre le problème. Il n’en reste pas moins que ce type de revêtement perméable reste éloigné des standards de confort sur une cyclostrade. 

Notons encore qu'entre les deux nouveaux revêtements, subsiste un tronçon dallé en forêt de Soignes situé sur le territoire bruxellois : il n’est concerné par aucun des chantiers et fera l'objet d’un simple nettoyage. 

Florine CUIGNET

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