"Ce soir, je suis un citoyen en colère". Après le choc causé par la mort tragique d’un cycliste ce mercredi à Anderlecht, la tristesse fait place à l’incompréhension et à la colère. Infrastructure défaillante, chauffeur récidiviste, passivité des autorités : face à cette accumulation de facteurs, le GRACQ et le Fietsersbond réclament des actions concrètes des pouvoirs publics, quel que soit leur niveau de compétence. 

PHOTO : CYCLO GUERILLA BXL. Action cycliste sur le pont de Cureghem en 2013

C’est en premier lieu l’infrastructure qui pointée du doigt dans le dramatique accident qui a coûté la vie à un jeune policier le 10 octobre dernier. Et pour cause : le carrefour entre la chaussée de Mons et la rue Wayez, où s’est déroulé l’accident, est répertorié comme "zone à concentration d’accidents".  Un carrefour complexe et peu lisible qui draine un trafic lourd et où les cyclistes sont livrés à eux-mêmes. Un carrefour par lequel transitent, en outre, deux itinéraires cyclables régionaux.

Les cyclistes du GRACQ et du Fietsersbond ont tiré à plusieurs reprises la sonnette d’alarme, sans que rien ne bouge. Le 28 septembre dernier, le point était à nouveau à l’ordre du jour de la commission vélo d’Anderlecht.

Il est également apparu que le chauffeur du poids lourd impliqué dans l’accident faisait l’objet de deux interdictions de conduire. Cela ne peut que souligner un dysfonctionnement dans la gestion des cas de récidives et dans l’application des peines. 

Les associations cyclistes appellent les autorités publiques, tous niveaux de pouvoir confondus, à agir ensemble pour assurer enfin les conditions de sécurité que sont en droit de réclamer les citoyens qui font le choix de se déplacer à vélo.   

"On n'efface pas comme ça un être humain"

silhouette accident anderlecht

Sur le lieu du drame, les traces de l’accident ont rapidement été effacées.  "Ik ben een boze burger vanavond" ("Ce soir, je suis un citoyen en colère"). Ces mots d’un cycliste anderlechtois à son bourgmestre résument un sentiment largement partagé par la communauté cycliste. Cet accident ne doit pas sombrer dans l'oubli, mais au contraire servir de déclencheur à la mise en œuvre d'une politique de sécurité routière coordonnée et efficace. En guise d'hommage au jeune homme décédé, quelques cyclistes ont tracé au sol, sur les lieux de l'accident, une silhouette humaine. Pour rappeler qu'on n'efface pas comme ça une être humain.

Florine Cuignet

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