Aménagements cyclables (4/12)
Les Sens uniques limités (SUL)
Un premier moyen pour assurer une coexistence plus harmonieuse des vélos avec le trafic automobile est d'ouvrir les sens interdits aux cyclistes. Ce dispositif officiellement appelé "Sens unique limité" (SUL) a été introduit dans le code de la route en 1991. Depuis juin 2006, les Conseils communaux sont tenus de décider explicitement et de motiver tout maintien éventuel de sens unique qui ne serait pas transformé en SUL.
Ne roulant pas à vélo, les automobilistes considèrent généralement les SUL comme dangereux en se basant sur leur appréhension de voir surgir un cycliste en face d'eux, et leur crainte d'un "choc frontal". Pourtant toutes les études réalisées sur le sujet montrent clairement que les SUL se classent parmi les aménagements les plus sûrs. Ainsi, dans un sens unique un croisement est même généralement nettement plus sûr qu'un dépassement.
Tout cela s'explique par les raisons suivantes :
- le cycliste et l'automobiliste venant à contresens ont un bon contact visuel et ils peuvent tous les deux bien voir et suivre les conditions et le déroulement de la manœuvre ;
- ce contact visuel induit instinctivement tant chez l'automobiliste que chez le cycliste une augmentation de la vigilance et une réduction de la vitesse ;
- si c'est nécessaire, le croisement peut se faire à petite vitesse ; un des deux protagoniste peut s'arrêter ; le cycliste peut même aisément se ranger sur le côté (accotement, trottoir, entre deux voitures en stationnement...).
Par ailleurs, le SUL améliore la sécurité et facilite la vie des cyclistes en limitant les détours qui leur sont imposés, et leur permettant d'éviter le passage par des voiries principales où le trafic automobile est plus dense et plus rapide. La transformation massive des sens uniques en SUL a généralement comme conséquence une augmentation du nombre de cyclistes.
En section courante, contrairement à ce que l'on pourrait croire, le danger n'augmente pas lorsqu'on réduit la largeur. Par contre, si la largeur de la voirie est trop importante, le cycliste risque de voir surgir face à lui une voiture en pleine accélération, qui en dépasse une autre et ne peut plus se rabattre à droite. C'est pourquoi on impose une largeur maximale de 4,6 à 4,8m aux voiries en SUL.
Les principales situations délicates dans les SUL se produisent à certains carrefours, qui nécessitent alors un traitement adéquat. C'est notamment le cas au débouché du SUL, qui est aussi l'entame de la voie à sens unique pour les voitures. Dans certaines configurations, des automobilistes ont tendance à entrer dans le sens unique en serrant à gauche et en "prenant un virage à la corde", coupant de ce fait la trajectoire des cyclistes qui sortent des SUL. Un marquage au sol, ou l'application d'une bordure sur quelques mètres avant le carrefour, ou la construction d'un petit îlot peuvent rappeler la présence possible de cyclistes et les protéger.
Pour en savoir plus sur ce dispositif aussi intéressant qu’économe, référez-vous au manuel rédigé par l'Institut belge pour la sécurité routière sur le marquage et la signalisation des contresens cyclables pour le compte de Bruxelles Mobilité.
Illustrations : le contresens cycliste est indiqué à l'aide d'un panneau additionnel à la signalisation de police de sens unique.
Dernières modifications : 23/01/2008




