Aménagements cyclables (2/12)
Séparer les trafics ou favoriser la circulation mixte ?
Séparer ou mélanger, c’est un peu comme boire ou conduire : il faut choisir… En matière de gestion de la circulation cycliste, il existe en effet différentes options, qu’il faut appliquer en tenant compte du contexte dans lequel les cyclistes sont amenés à circuler.
On peut établir trois catégories de gestion du trafic de vélo :
- la mixité pure et simple : les cyclistes et les automobilistes partagent le même espace de circulation ;
- la séparation visuelle : l’espace de chacun est différencié par le marquage ou le revêtement ;
- la séparation physique, par la construction de pistes cyclables séparées.
Le choix entre ces trois possibilités dépendra essentiellement des valeurs de deux paramètres qui influencent directement la fréquence et la gravité des accidents et le sentiment d’insécurité du cycliste :
- la vitesse du trafic motorisé ;
- l’intensité du trafic (le nombre de voitures et de camions).
La vitesse du trafic qui est considérée est celle effectivement pratiquée. Pour la déterminer, on utilise le « V85 », c’est-à-dire la vitesse respectée par 85% des conducteurs.
Pour un V85 jusqu’à 30km/h la mixité est (presque) toujours la meilleure formule, quelle que soit l’intensité du trafic. Pour un V85 entre 30 et 50 km/h, c'est-à-dire pour la majorité des voiries en agglomération, la mixité reste principalement d’application sauf si l’intensité du trafic dépasse les 4000 à 7000 véhicules par jour. On envisagera alors la séparation visuelle ou on cherchera à modérer la vitesse du trafic.
Entre 50 et 80 km/h, la mixité reste d’application pour des trafic de plus en plus faibles (voir schéma). C’est le cas dans de nombreuses voiries rurales intervillages. Des aménagements peuvent cependant se justifier lorsque les voiries font parties d’un itinéraire cyclable scolaire. Enfin, lorsque le V85 est supérieur à 80 km/h, des aménagements cyclables séparés sont conseillés.
D’autres paramètres peuvent entrer en ligne de compte :
- une fréquence élevée de carrefours et d’accès carrossables constitue une forte contre-indication à la solution des pistes cyclables séparées ;
- une proportion élevée de poids lourds renforce l’utilité de réaliser une séparation ;
- la vitesse des cyclistes étant moindre en côte, la différence de vitesse avec les automobilistes y est plus importante. On aura donc plus vite recours à des dispositifs séparés dans ce contexte.
Dans le prochain billet, nous nous intéresserons aux possibilités de modération du trafic et des vitesses.
Dernières modifications : 14/11/2007




