Infrastructures
Vélo en libre-service : la recette du succès
Lancé pour la première fois à grande échelle à Lyon sous le nom de Vélo’v , le système de vélos en libre-service apparaît désormais comme un moyen efficace de populariser l’utilisation de la bicyclette comme mode de transport alternatif, avec le succès fulgurant de la version parisienne, Vélib’. Plusieurs villes de dimension internationale ont désormais fait connaître leur intérêt pour le système : Londres, New-York, Chicago… et la Wallonie aussi étudie actuellement la possibilité de mener une expérience pilote.
Le gouvernement wallon a en effet décidé, lors de sa réunion spécialement dédiée à la mobilité, le 19 avril dernier, de mettre à l’étude l’implantation d’un système de vélos partagés dans une ville wallonne. Des contacts ont été pris avec différentes localités, et le cabinet du ministre de la Mobilité attend leur réaction. Si la mise en place d’un tel service constitue une formidable carte de visite pour une ville, en plus d’être un vecteur important pour le développement de la mobilité alternative, il convient toutefois d’être attentif à une série d’éléments. En effet, le vélo en libre-service, cela ne marche pas partout ! Voici donc quelques petits trucs à destination des municipalités qui auraient l’intention de tenter l’aventure…
Plusieurs facteurs sont décisifs dans la réussite d’un tel projet. Si la géographie du territoire peut jouer, un relief accidenté n’est pas forcément un handicap. Ainsi, Lyon se trouve encaissée dans une vallée dont les deux collines, la Croix-Rousse et Fourvière, ne sont pas faciles à grimper… Ce qui n’a pas empêché le succès de Vélo’v . Mais il faut alors choisir l’équipement adapté à la déclivité : plus la monture sera légère, plus les cyclistes occasionnels seront tentés de l’utiliser. Deuxième élément important à prendre en compte : l’offre. Le territoire couvert doit être suffisamment étendu (en englobant les quartiers périphériques, et pas uniquement le centre-ville), les stations nombreuses et rapprochées, les vélos disponibles en suffisance. À titre d’exemple, Paris ambitionne de mettre à disposition 20 000 vélos d’ici à la fin de l’année, soit un vélo pour 500 habitants. Enfin, et ce n’est pas le détail le plus anodin, le tarif pratiqué a évidemment un effet non négligeable sur l’utilisation du service. Quand on compare les diverses expériences, on constate que le taux d’utilisation est le plus fort dans les villes qui ont décidé de rendre la première demi-heure gratuite.
Voilà quelques ingrédients simples mais qui donnent toute sa saveur à la recette du libre-service réussi… Avis aux futurs cuisiniers !
Mathieu De Backer




