C’est un match à rebondissements auquel nous assistons : nos secrétaires d’État à la Mobilité – bruxellois et fédéral – se livrent bataille sur le terrain du tourne-à-droite cycliste, à coups d’arguments juridiques. Et ce sont au final les cyclistes qui sont les victimes collatérales de cette guéguerre politique. Le GRACQ et le Fietsersbond réclament que soit mis fin au plus vite à cette situation inadmissible. Les deux associations réitèrent également leur soutien au lancement expérimental des panneaux B22 et B23 en région bruxelloise.

panneau B22

S’il fallait encore une preuve que la Belgique est le pays du surréalisme, la voici ! Les déclarations contradictoires qui se succèdent depuis le lancement à Bruxelles, le 18 juin dernier, d’un projet pilote de tourne-à-droite cycliste au feu rouge, sont dignes d’un mauvais feuilleton.

D’un côté, Bruno De Lille, secrétaire d’État bruxellois à la Mobilité, à l’origine du projet pilote en question inauguré ce lundi en compagnie de la ministre des Transports Brigitte Grouwels. Une inauguration au cours de laquelle le secrétaire d’État n’a pas manqué de rappeler que le projet était “juridiquement conforme”, car “une loi est toujours supérieure à un arrêté royal”, mais aussi parce que “la règle d’exception prime sur la règle générale” et “qu’une nouvelle loi prime sur une ancienne loi”.

De l’autre, Melchior Wathelet, secrétaire d’État fédéral à la Mobilité, qui dénonce une mesure “illégale, inacceptable et dangereuse”, rappelle que ”franchir un feu rouge constitue toujours une infraction grave” et menace  de sanctions les “contrevenants” – entendez par là : les cyclistes qui oseraient se fier aux déclarations de son collègue bruxellois.

Et au beau milieu du champ de bataille, les cyclistes ! Verbalisera, verbalisera pas ? Le GRACQ et le Fietsersbond réclament que soit mis fin au plus tôt à cette situation honteuse et ce, sans attendre l’entrée en vigueur d’une loi visant à régler définitivement l’incertitude juridique. Les associations cyclistes rappellent également qu’elles soutiennent l’expérimentation des panneaux B22 et B23 actuellement installés dans dix endroits de la capitale. Elles espèrent enfin que les secrétaires d’État n’auront pas à cœur de jouer les prolongations…

Éric Nicolas

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