La voiture électrique, panacée pour la mobilité durable de demain ? Pas si vite répond le GRACQ, qui rappelle que plus d'un million de vélos electriques sont vendus chaque année en Europe, et qu'ils sont autrement moins gourmands en argent, subsides, énergie et en matières premières que leurs homologues à quatre roues.

S’il est certain que les voitures électriques n’émettent aucuns polluants dits « locaux » (particules fines, NOx, bruits), le principal autre avantage attendu des voitures électriques est de remplacer les voitures thermiques tout en profitant d’une réduction des émissions de CO2 permettant ainsi d’être une solution pour atteindre les objectifs de la COP21.

Cependant, il n’est aucunement démontré que les voitures électriques permettent effectivement une diminution des émissions de CO2, si l’on considère en effet le cycle de vie complet des voitures électriques (fabrication – utilisation – fin de vie) ; tout au plus permettent-elles une réduction de 3,75% des émissions liées à la voiture.

De plus, la voiture électrique fait appel à des ressources finies pour son fonctionnement. Il s’agit de l’énergie nucléaire actuellement en grande partie nécessaire pour produire l’électricité, mais aussi du lithium qui compose les batteries. Les dangers sont donc liés à la disponibilité des matières premières, mais aussi des incidences sociales et environnementales qui y sont associées. 

Mais plus que ces aspects technologiques, le passage des voitures thermiques à celles électriques permet d’éviter d’aborder la question de nos déplacements. En effet, cela maintien l’illusion que le système automobile actuel est pérenne et que nous pourrons toujours nous déplacer autant que nous le faisons actuellement.

Pour ces raisons nous sommes souvent déçus qu'on ne fasse mention que de la voiture électrique comme solution aux problèmes engendrés par nos véhicules thermiques. Il nous semble que la solution peut aussi venir des modes actifs, dont le vélo, et pourquoi pas le vélo électrique.

En effet, bien que l’objection en matière de ressources finies puisse lui être reprochée, on remarquera que le vélo à assistance électrique (VAE) présente néanmoins quelques avantages que la voiture n’a pas : 

  • Le vélo à assistance électrique est trois fois plus léger que son conducteur alors que la voiture pèse 16 fois plus. De ce fait, le poids de la batterie d’un vélo est de 2-3 kg, contre 200 kg pour une voiture électrique variant selon l’autonomie de celle-ci. Autant dire que les ressources en lithium seront bien moins vite utilisées si une partie de la population utilisait un VAE en remplacement de sa voiture. 
  • Du fait de son poids réduit, le VAE permet lui de réduire drastiquement les émissions de CO2 liées à son utilisation. 
  • Le VAE occupe 10 fois moins d'espace en ville, et diminue donc réellement la congestion et la saturation de l'espace urbain
  • Le VAE étant en premier lieu un vélo, tous les avantages qui lui sont liés sont valables :
    • meilleure conditions physique
    • facile à stationner
    • plus rapide en ville
    • coût des aménagements cyclables modeste par rapport à ceux à prévoir pour des automobiles. 

Ainsi, nous pensons que le vélo à assistance électrique devrait être davantage soutenu et que la voiture électrique pourrait alors venir en complément à l’usage de ceux-ci pour des trajets plus longs ou des objets lourds à transporter.

En conclusion nous demandons surtout aux pouvoirs publics un soutien actif à la mobilité électrique “légère” via des primes à l’achat d’un vélo électrique, des places de parking sécurisées, avec des bornes électriques disponibles.

Hélène Moureau

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