Le lancement de la phase test du projet de taxe kilométrique dans la zone RER, en février dernier, a fait couler beaucoup d’encre. Mais l’analyse des résultats confirme pourtant les attentes : le système de taxe kilométrique “intelligente” a un impact réel sur les comportements de mobilité des citoyens. Des conclusions que ne pourra ignorer le prochain gouvernement bruxellois s’il veut s’attaquer concrètement au problème de congestion dont est victime la capitale, ainsi que le souligne le GRACQ.

Les conclusions de l’expérimentation de la phase test étaient attendues, elles n’en réjouissent pas moins le GRACQ. Elles démontrent en effet que le dispositif permet de répondre aux grands objectifs du plan de mobilité bruxellois IRIS 2 : la maîtrise de la demande en mobilité, la valorisation des modes durables et le renforcement du transfert modal (réduction de la charge de trafic). 

congestion

La taxe kilométrique “intelligente” propose en effet de tarifer l’usage de la voiture en fonction de plusieurs critères (kilomètres parcourus, itinéraire emprunté, période d’usage et performances environnementales du véhicule). Ce dispositif amène donc le citoyen à réfléchir à chacun de ses déplacements et, en fixant un prix plus “juste” pour l’utilisation de la voiture, à adopter le mode de déplacement le plus adapté. Un excellent moyen de réduire la pression automobile – obstacle majeur à l’utilisation du vélo en région bruxelloise –, et de valoriser l’énorme potentiel du vélo, spécifiquement pour les trajets urbains courts. 

La phase de test, dont les conclusions viennent d’être dévoilées dans la presse, démontre la pertinence du dispositif en regard des objectifs d’IRIS 2. Première observation,  les participants ont moins utilisé leur voiture : le nombre de kilomètres parcourus a diminué en moyenne de 5,5%, et jusque 8% en zone urbaine. (En comparaison, le secrétaire bruxellois à la Mobilité annonçait en janvier dernier que les politiques de mobilité avaient permis de réduire de 7% le trafic automobile à Bruxelles au cours des dix dernières années1).

Les automobilistes ont également opté pour d’autres modes de déplacement et ont changé leurs lieux de destination, par exemple en privilégiant les commerces de proximité. Des effets qui pourraient encore être plus prononcés dans des conditions réelles d’application, puisque les participants bénéficiaient pour ce test d’une enveloppe de 90 €. 

À la lumière de ces résultats positifs, le GRACQ appelle à la mise en œuvre prochaine de la taxe kilométrique. L’association rappelle néanmoins que si l’utilisation de la voiture a un coût sociétal certain, il en est également de même pour la possession d’une voiture privée, raison pour laquelle elle ajoute que la taxe kilométrique ne doit pas se substituer complètement aux taxes actuelles.

Aurélie Willems

1. Voir à ce sujet notre communiqué de presse du 13 janvier 2014.

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