La semaine passée, les médias se sont fait l’écho des résultats, en apparence réjouissants, publiés par l’Observatoire bruxellois du vélo. Les associations cyclistes et la plateforme SMoB tirent pourtant la sonnette d’alarme : on est bien loin, à l’heure actuelle, des objectifs du Plan régional de mobilité “Iris II”, qui prévoit 20% des déplacements à Bruxelles à vélo à l’horizon 2020. Il est grand temps que le gouvernement bruxellois se donne les moyens de sa politique, pour faire de Bruxelles “un exemple en matière de mobilité”.

Alors que le dernier audit BYPAD (Bicycle Policy Audit) estime la proportion des déplacements bruxellois à vélo “à 3 ou 4% maximum”, le secrétaire d’État à la Mobilité souligne une augmentation du trafic motorisé dans la capitale. Les 12% de progression des déplacements à vélo enregistrés par l’Observatoire bruxellois du vélo entre 2009 et 2010 sont donc largement insuffisants en regard des ambitions du Plan Iris II.

Améliorer la mobilité au sein de la région bruxelloise – avec toutes les conséquences que cela implique en matière de santé publique, de sécurité et d’environnement – ne pourra se faire indépendamment d’un report massif vers les modes de déplacement actifs. Le vélo a donc un rôle majeur à jouer à Bruxelles, pour autant qu’il constitue une alternative crédible au transport motorisé. Malheureusement, force est de constater que la mise en place d’une politique cycliste volontariste et efficace souffre de lenteurs.

La sécurisation des déplacements cyclistes doit être la priorité des autorités bruxelloises si elles souhaitent générer un “effet d’appel” à même de doper l’utilisation du vélo sur nos routes. Accélérer la finalisation des Itinéraires cyclables régionaux (ICR), prendre systématiquement en compte les cyclistes dans les aménagements de la voirie, réduire l’emprise de la voiture et les vitesses pratiquées, intensifier la politique de lutte contre le vol, développer l’intermodalité et la formation à l’usage du vélo en ville… Autant de dispositions prévues par Iris II qui garantiraient la progression rapide du vélo sur le territoire régional mais dont la mise en œuvre traîne à l’heure actuelle. Il est pourtant urgent, aujourd’hui, de doter les administrations des moyens nécessaires pour concrétiser ces mesures… au risque de voir le Plan Iris II aboutir au même échec que son prédécesseur, Iris I.

Éric Nicolas

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