Le tunnel creusé par Beliris à hauteur du nouveau siège de l’OTAN, entre le carrefour Bordet et la frontière régionale, a été ouvert ce lundi 15 octobre. Bonne nouvelle pour les automobilistes. Mais pour les cyclistes et les piétons, il faudra encore attendre. Le principe STOP1 a une fois de plus été le dernier des soucis des responsables de ce chantier, ainsi que le déplorent le GRACQ et le Fietsersbond.

L’état des trottoirs et des pistes cyclables entre l’avenue Bordet et le nouveau tunnel, encombrés depuis des mois par des débris et du matériel de chantier, s’est encore dégradé. En outre, les associations cyclistes constatent que la finition des pistes cyclables ne répond pas aux normes. “Le cycliste doit notamment franchir des bordures de 10 cm ! Pour les traversées cyclistes situées sur la voie prioritaire, ce sont des marquages sans valeurs qui ont été tracés plutôt que des pistes cyclables prioritaires.”

Lors de l’aménagement de ce nouveau tronçon, la priorité a été clairement donnée avant tout au trafic motorisé. “Alors que les automobilistes ont pu profiter dès ce lundi du confort de ce nouveau tunnel, les cyclistes doivent se débrouiller avec une piste boueuse, s’ils ont la chance de ne pas tomber sur une grue qui leur barre le passage. Cela fait déjà des mois que la liaison cycliste la plus courte entre le zoning de l’OTAN, voire l’aéroport, et le reste de la région bruxelloise est inutilisable.

Cette façon de privilégier systématiquement les automobilistes est en totale contradiction avec le principe STOP qui devrait prévaloir dans toute politique de mobilité digne de ce nom. “L’attention portée aux cyclistes lors de grands travaux est très insuffisante, ajoute encore Bernard Dehaye. À croire que Beliris ignore qu’il y a de très nombreux cyclistes à Bruxelles qui méritent certainement autant de respect que les automobilistes. Déjà cet été, nous avions pu constater à quel point Beliris avait ignoré les cyclistes lors des travaux de réaménagement du tunnel Loi.

Quant à l’avenir du navetteur cycliste, il ne s’annonce guère meilleur : si un liaison cyclable plus sûre sera bientôt d’actualité côté bruxellois, c’est la misère noire du côté flamand. Les deux associations rappellent qu’il est grand temps que les Régions flamande et bruxelloise réalisent en concertation une liaison cyclable rapide et sûre entre Bruxelles et l’aéroport.

Bernard Dehaye

1 Le principe STOP opère une hiérarchisation entre les différents modes de déplacement. La priorité est accordée aux piétons (Stappen), puis aux cyclistes (Trappen), ensuite aux transports publics (Openbaar vervoer) et enfin, aux véhicules privés (Privévervoer).

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